HAITI -- La semaine dernière, une veille femme de 83 ans a été enlevée, violée par des jeunes à Delmas. Elle revenait de l'église Altagrâce. Après avoir été séquestrée pendant une journée, les kidnappeurs l'ont libérée pieds nus.
Une jeune fille revenant de son travail a failli être victime d'une tentative d'enlèvement au niveau de Lalue. Ses ravisseurs l'ont malmenée sous les yeux curieux d'un public amorphe, tétanisé par le phénomène du kidnapping. Poussée d'abord dans la voiture de ces hommes armés, elle allait être transférée dans un véhicule de la MINUSTAH. Ne se laissant pas facilement faire, elle a dû se battre avec les kidnappeurs jusqu'à leur échapper. Ces derniers lui ont tiré dessus, mais aucun projectile ne l'a atteinte.
Un couple revenait de ses activités quotidiennes en ville quand il a été enlevé en Plaine. Après quatre jours de séquestration, les kidnappeurs libèrent la femme et gardent le mari après avoir reçu une avance sur la somme exigée. Ces derniers, avant de la remettre en liberté, lui ont fait savoir qu'elle doit apporter le reste de l'argent. Une semaine s'est déjà écoulée depuis ce cas d'enlèvement. La rançon exigée étant très forte, l'épouse, jusqu'à présent, n'arrive pas à réunir le montant.
La semaine dernière, un caméraman de Télémax a été enlevé. Ses ravisseurs l'ont libéré sans réclamer un centime.
Des cris montent
A l'église Baptiste du Tabernacle à l'Ave Christophe, dimanche dernier, un membre de l'église demande à l'assemblée des fidèles au moment du culte, de ne pas oublier dans leurs prières ses trois cousins que l'on vient de kidnapper, dans leur propre voiture.
Les chrétiens s'en remettent à Dieu; d'autres campent derrière leurs munitions et attendent l'éventuel kidnappeur afin de lui brûler la cervelle; d'autres encore préfèrent gagner les rues en cas de besoin.
Delmas, Pétion-Ville, Port-au-Prince, Plaine du Cul-de-sac, Carrefour sont touchés de plein fouet par le phénomène du Kidnapping. Des cris de douleurs montent.
Les kidnappeurs étendent continuellement leurs réseaux dans le pays. Ils sont si forts qu'ils obligent le gouvernement à s'asseoir avec eux à la table de négociation. Aujourd'hui, c'est eux qui donnent le ton. Le citoyen haïtien l'a compris. Les parents des victimes marchandent la liberté de leurs siens à coup de dollars. Rares sont ceux qui approchent la Police. Le kidnapping est devenu familier dans notre paysage. Les jours passent apportant leurs lots de victimes. Notre mémoire ne s'est pas encore remise du crime odieux de Natacha, une jeune étudiante qui a été enlevée, torturée et assassinée qu'un enfant de 6 ans, Carl Roobenz Francillon, a été étranglé, de sang- froid, par ses ravisseurs au Cap-Haïtien.
Carlo Francillon, le père du petit Roobenz, n'avait-il pas raison de dire sur les ondes de radio Kisqueya: « Mon fils ne sera malheureusement pas la dernière victime du kidnapping en Haïti. » Parole prémonitoire.



