HAITI -- Une manifestation organisée par des étudiants de l'UEH pour dire NON à l'insécurité a été brutalement dispersée par des soldats de la MINUSTAH devant la Primature, à Musseau, ce mardi 5 décembre 2006.
La quizaine d'étudiants à repondre à l'appel du GRAFNEH, avaient, avant les échauffourés avec les Casques bleus, exprimé leur frustration face à la recrudescence des viols et des kidnappings dans le pays. L'obstination du Premier ministre à négocier avec des bandits armés qui terrorisent la population a été vertement critiquée.
Après la Primature, certains étudiants, accompagnés d'anciens leaders du mouvement GNB dont Hervé Saintilus et du juriste Dellile Luckman ont réactivé au Parquet du tribunal de Première instance de Port-au-Prince la plainte portée le 27 juillet 2004 contre les auteurs et commanditaires des atrocités perpétrées par de sbires du pouvoir lavalas,le 5 décembre 2003, à l'INAGHEI et à la Faculté des Sciences humaines.
Une initiative similaire aurait été faite par le recteur de l'Université d'Etat Pierre Marie Paquiot, l'une des victimes de cet événement qui avait marqué un tournant dans la lutte pour obtenir le départ de Jean-Bertrand Aristide.
Jean-Bertrand Aristide et l'Etat devront être poursuivis pour dommages et intérêts, selon ces étudiants.
Hervé Saintilus qui a dénoncé les magouilles d'individus pourris de la justice pour libérer des anciens inculpés de ce dossier dont Yvon Zazap, Anette Auguste, annonce le lancement du GNBB (Gren nan Bouda "des Braves" ki pas bese lebra).
Interrogé sur les motivations de ce nouveau mouvement, Gary Bodeau a indiqué que « l'Université est la conscience critique de la société. Et dans ce contexte, les mouvements d'étudiants ne sont jamais proches du gouvernement lorsque le pays fait face à toutes sortes de difficultés.»
« Le gouvernement a intérêt à prendre au sérieux ce mouvement », a-t-il par ailleurs annoncé.
L'Université va se concerter avant de poursuivre ce mouvement qui n'est qu'à son tout début, ont annoncé les étudiants.



